Convention 2005 : Commentaires

Groupes

Madelgaire

Une épée brandie par le très noble Docteur Prog, sur un fa dièse -" pedal bass ", c'est une image que nous n'oublierons pas.

Une heure vient de passer, si vite, trop vite.. Nous quittons la scène, heureux (et fiers) d'avoir foulé les planches du Spirit of 66… La Convention 2005 est lancée et nous savons que les autres bands vont offrir au public des prestations puissantes, riches pour un long WE 100% prog !

Décrire les concerts risque d'être partial, subjectif, passionné… Je dirai simplement que la qualité était au rendez vous et que chaque formation a impeccablement livré un show sans faille…Bien sûr, nous avons nos préférences et nos coups de cœur mais il faut avant tout préciser que le climat qui régnait tant dans la salle qu'en coulisse respirait le respect et la convivialité. Il est assez inhabituel de voir les différents groupes assister aux concerts des autres, mais au Spirit, il était facile d'approcher Quidam, Ex Vagus, Riverside ou Focus sans complexe ni distance artificielle.

Arrivés le vendredi, l'accueil organisé par la bande de Progrésiste a dépassé nos espérances. Et même s'ils sont tous un peu frappés, ils n'en restent pas moins attentifs aux besoins des groupes, soucieux de leur confort physique et moral… Le repas partagé avec Ex Vagus a tourné au banquet gaulois et il était de plus en plus difficile de savoir dans quel groupe nous étions réellement. La soirée qui s'est perdue tard dans la nuit n'a pas altéré l'énergie ambiante ni l'aura d'un tel événement.

Ensuite, un sound check rapide et efficace -Francis et son équipe n'arrêtent pas un seul instant-, un son inimitable, un public d'emblée nombreux et attentif, un équipe de vidéastes discrète mais parfois tellement proche des doigts que ça vous fait craindre le moindre écart de justesse, les amis qui vous congratulent, le Chevalier Blanc…et c'est parti ! Madelgaire entre en scène, pour la première fois à Verviers, comme un rêve d'enfant. La suite ? Si vous y étiez, vous savez déjà, et pour les autres demandez autour de vous…Et nous ? Si on nous le demande, on revient tout de suite !

Les remerciements vont avant tout à celles et ceux qui ont fait le déplacement, à toute l'équipe de Progrésiste, et à celle du Spirit of 66 sans qui rien ne serait possible.

Et pour conclure, un scoop ! L'enregistrement de l'album est en marche …

Dom de Madelgaire

Set list de Madelgaire : Regrets, Vae Victis, Les murs sont le désir, Dame Brume, Madelgaire, Evocation

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ex-vagus

Chers amis du Resisting Spirit Of the Prog,

Les mots et les phrases qui vont former cette lettre ont commencé à s'assembler dès que j'ai rencontré le premier Progrésistien de la tribu : Jean-Marc, qui nous attendait, fébrile, à l'entrée du camping lors de notre arrivée… Immédiatement, l'incontournable impersonnalité de nos nombreux échanges d 'e-mails s'est transformée en une chaleur humaine aussi réciproque que stimulante pour les trois jours que nous allions vivre ensemble.

Puis se fût la rencontre avec Denis, Patricia (épouse de Jean-Marc qui ne résiste pas au Prog…), Piéro et Gilles (médecin malgré Louis [nota 1] ), puis Dominique, Alain et Fred. Ce " troupeau " de bêtes de prog (je fais là référence à leur grande connaissances en la matière), sortes d'extra-terrestres mettant tout en œuvre pour maintenir ce genre au rang qui lui est du, ont fini d'asseoir ma conviction tout juste naissante : Ex-Vagus venait de débarquer chez les fous, mais pas des dangereux, non non, des doux dingues comme l'humanité n'en produit presque plus. Dans le genre acharnés mélodiques, passionnés sans bémols, jusqu'au-boutistes majeurs, sorte d'ad-lib de l'arrangement, formant une tribu vivant en harmonie dans un parfait accord…

L'accueil de Progrésiste pour les musiciens qu'ils ont invités à se produire pour leur Convention annuelle, le feu qui se lit dans leurs regards, la plaisir qu'ils se refusent à dissimuler et leur humeur si " riante " [nota 2] donne un ensemble détonant d'optimisme à toute personne qui les approche.

Quant à Francis Géron, grand maître du Spirit Of 66, quel honneur de serrer la main à ce monument de la musique européenne ! Combien sont-ils à déployer autant d'énergie pour permettre au spectacle vivant de vivre, justement ? Et de plus en affirmant la raison d'être des lieux de diffusion : prendre des risques en programmant " aussi " des musiciens autres que des têtes d'affiche. Spectateurs et artistes, à nous de défendre ce lieu avec autant de détermination que Francis " Ekwé " [nota 3] Géron.

Je ne vous parle pas du bonheur de fouler les planches d'une telle scène pour Ex-Vagus, ni de l'honneur d'être invités à participer à la Convention 2005 de Progrésiste, pas plus que de la bouffée de chaleur humaine que nous a renvoyé le public présent. Non, je ne vous en parle pas… Pas plus d'ailleurs que des " after " à quasi 20 dans un mobile-home prévu pour 5, autour de quelques caisses de Chimay Bleue [nota 4].

Je n'écrirai aucun mot pour dire à quel point tous les membres de Ex-Vagus sont heureux d'avoir participé à cette Convention. Aucun mot ne pourrait d'ailleurs décrire assez précisément le plaisir d'avoir -enfin- rencontré l'équipe de Progresiste ainsi de Francis " Ekwé " [de nouveau nota 3].

Je ne dirai pas non plus combien il a été difficile pour nous de redescendre au niveau du sol terrestre après une si belle aventure… Il m'a fallu 4 jours avant de pouvoir prendre ma souris et vous écrire cela…

Soyez toutes et tous remerciés au plus profond de notre amitié pour ce quu vous faites pour le prog, et que l'avenir de Progrésiste rende jalouse l'éternité.

A toujours et bien plus !

Dominique  BARBOYON / clavier de Ex-Vagus

Nota 1 >
prononcez " lui " si vous êtes français… Explication : en belge, tous les " u " sont précédés d'un " o ". Ce qui donne par exemple " il est ouite heure ", " tiens, voilà la plouie " ou bien encore " j'ai pris une couite à la Chimay Bleue "

Nota 2 >
 " riant " en français signifie " bièsse " en belge. Un biesse est un personnage drolatique insensible au ridicule. Exemple : " qui est ce bièsse qui, sur scène, brandit un glaive à la fin du concert de Madelgaire ? ".

Nota 3 >
 " Ekwé " en belge signifie " ou bien " en franco-grenoblois, sorte d'onomatopée récurrente ponctuant les interventions microphoniques de Francis Géron, principalement entendues à la fin des concerts… Traduction littérale de " Ekwé " : " serait-ce un effet de votre bonté, chers musiciens qui venez de terminer votre set, de nous chatoyer une fois de plus les osselets d'un passage musical dont vous avez le secret. Ceci, bien entendu, si cela contente le plaisir de vos saltimbanques personnes. N'oyez-vous point votre public qui acquiesce à ma requête ? "

Nota 4 >
 " Chimay Bleue " : breuvage tout aussi belge que houblonneux. Contenu dans un récipient de verre très large à sa base et peu haut. Boisson rendant tout consommateur très " riant " et finissant par beugler " ékwé ou bien ? " tard dans la " nouit "… [ voir nota 2, 3 et 1]
Après trois soirée mobile-hommiennes d'après concert, la Chimay Bleue a donné naissance au tout nouveau smiley ci-dessous… Peut-être sera-t-il un jour le signe de ralliement de la Gaie Prog qu'a promis d'organiser bientôt l'ami Piero!

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Quidam

When we learnt that we would play in Spirit of 66 again, we were very pleased for many reasons.

Firstly, we have already played there three times and every time response of the audience perfect and unforgettable, due to which gigs were amazing for us.

When we are asked about the best gigs ever, we always say SPIRIT OF 66, really!!!

Apart from the audience, crucial issue is Francis and his very careful ear, thanks to him it is very comfortable to play on the stage.

As far as festival is concerned, I could say shortly - I envy you that you have such festival.
I regret a lot that in Poland we do not have something like this. There were some attempts to organize such event but sooner or later everything went in vain.

Festival like yours, is a great thing not only for listeners, who have an opportunity to listen and watch very often different bands - so everyone finds something for him/her self , but also for us performers it is great fun and experience to meet bigger audience and listen to bands from other countries. And it is always good to learn from others, especially when you have an opportunity to play with such great band like FOCUS.

As far as organization goes, I have no questions, Everything was perfect!!! We were very pleased about so "hot response". Frankly it was our second such serious gig in new line-up, and first in place which has been visited so many times by us. I t was big unknown how our "new" incarnation would be responded. But we think it was ok.

Thank You one more time for your invitation.

Zbyszek

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Knight Area

Impressions Knight Area at the Prog-résiste festival 2005, Spirit of '66

Soon after I became roadie and merchandise-guy for Knight Area, the band was invited to perform at the Prog-résiste festival in Verviers. So it was one of the very first times I was going along as a Knight Area crew member. This happened to be the first gig abroad after their awesome concert at NEARfest 2005 USA. Looking back on this event in Belgium, I can honestly say it was a great experience.

After a couple of hours driving we arrived at the so-called 'Europe's prog-temple'. One of the first remarkable things I saw was the intimate, pleasant atmosphere in the Spirit of '66. Probably this was because of the modest stage/hall and the extensive use of dark brown wood in the interior of the venue. I personally prefer the smaller venue's like this, where it's easier for a band to really communicate with the audience.

Since the festival didn't already started when it was time to install our stuff, it was comfortably calm, so we didn't have to rush things. After I was done helping the band installing their setup, I decided to install my own merchandise-table on de balcony.

Within no-time I heard Francis put together a wonderful wall of sound and after that I had high expectations. And during the concert (which I, luckily enough, was able to experience just among the audience) I was pleased to see the a lot of people where having a great time.

Although I heart Knight Area's set many times, I didn't get bored at all. And for me, it was the first time seeing an audience clap hands in a 7/8 time signature! The band received very positive responses. After the show I had to go upstairs again to sell as much stuff as I could (which is to me, after a show, more fun than lifting heavy things like our other roadie does). I have to apologize to the people on the stairs on which I accidentally bumped up during my way up (I couldn't see very much in the dark!).

Later on, I met a lot of people, sold more CD's and T-shirts than at any gig before. Too bad my French language isn't very good, so I couldn't really communicate with a lot of people. Because of the band's busy schedule, it soon was time to leave again. I didn't really like the fact I wasn't going to see Riverside, but I had no choice. But we did met the guys of Riverside, which seemed to me very nice chaps. That was about it. For me, and I'm sure I'm not the only one, it was a great experience.

Christiaan de Stack
(age 17, who said there are no younger people into prog…?)
Roadie & merchandise Knight Area

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La Maschera Di Cera 

l y a trois ans de cela, dans un coin d'Europe, nous avons découvert un petit pays et une petite ville appelée Verviers. En ce petit pays, il y a un groupe de personnes assez cinglés qui suivent toutes nos productions musicales avec passion. Parmi ces fous, se distinguent deux de nos chers amis, Gilles Arend et Piero Romainvaille, ainsi que le mythique Francis Geron, patron du magnifique Spirit of 66.

Nous, en Italie, nous n'avons pas de salle aussi jolie, un endroit où l'on peut découvrir et écouter du bon rock progressif, mais surtout, nous n'avons pas un tel public, aussi sympathique, aussi fou et démonstratif, sautant, dansant et chantant sur tous nos morceaux( en italien !).

C'est sous d'aussi heureux auspices que nous avons été honoré, cette année, d'avoir été invités à participer à la convention annuelle de Prog-Résiste, et à nouveau, cela fut proprement magique ! Au début, nous n'étions pas très surs de nous, parce que notre joueur de clavier Agostino ne pouvait être présent (pour des raisons matrimoniales et autres voyages de noces). Nous aurions pu renoncer à l'invitation mais nous avons, au contraire, décidé de faire répétition sur répétition afin de permettre à notre chanteur Alessandro de jouer toutes les parties de clavier, en plus du chant. Nous savions parfaitement que cela en vaudrait largement la peine !

La tension était immense au moment d'emprunter les escaliers pour monter sur scène: comment se déroulerait ce concert, avec cette formation absolument inédite? Le public saurait-il apprécier en lieu et place de l'expressif " Corvaglia " , un autre Alessandro, assis et concentré sur ses sons de clavier ?

Et bien Oui ! Alessandro a donné tout le meilleur de lui-même et après quelques morceaux, nous étions parfaitement détendus et rassurés. Ceci étant aussi du au fait que le public semblait attentif et communicatif. Effectivement, vous nous avez accompagné avec passion durant tout le concert, afin de nous faire comprendre que vous étiez avec nous, que vous " mouilliez " pour nous ! Ceci s'est produit sur la scène, nous l'avons senti, et nous vous en avons remercié avec toute l'énergie que nous pouvions en ressortir. Et c'est heureux et comblés que nous sommes sortis de scène.

Un immense merci à toute l'équipe, particulièrement à nos amis Piero & Gilles, de ma part et de la part de tout le groupe, pour nous avoir invités, pour avoir cru en nous, et pour nous avoir offert tant de magnifiques émotions. Nous espérons revenir très bientôt et retrouver de plus en plus de personnes qui aiment notre musique afin de pouvoir nous retrouver ensemble pour faire la fête !

Fabio Zuffanti

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Riverside

When we performed for the first time in Spirit of 66, which was during our European tour in April 2005, we gave our first foreign interview there. "Wow, what marvellous people," we thought.

When we were on stage of Spirit of 66, we said, "wow, what a great place!" and when we heard the audience's reaction to our music, "what a fantastic audience!"

We could but jump with joy at the news that we're going to perform in that place again for the Prog-résiste Convention, and we will be able to meet our friends once more!

I could go on and on about the warm welcome, the friendly atmosphere and the perfect organization, but everyone who's been there knows that. For us, it was an honour to perform in Spirit of 66.

We'd like to thank the audience and the fantastic crew of Prog-résiste.

Let me just add that I turned 30 on that day, and, as they say, life only begins when you're 30, so it turns out that my life has started with Prog-résiste Convention Festival! :)))))

I wish you all the best !!!

Mariusz & Riverside

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Presse

Koid 9 (Magazine français) : ProgRésiste encore et toujours à l'envahisseur

"De tous les peuples de la Gaule, les Belges sont les plus braves" affirmait Jules César dans "La Guerre des Gaules". Même s'il ne disait cela que pour se glorifier plus encore d'avoir également vaincu ce peuple de braves parmi les braves, il faut bien reconnaître que les "petits" belges ont aujourd'hui au moins le courage de résister à la désertification des salles de concerts, ce qui est de moins en moins le cas dans l'hexagone. C'est ainsi que, bravant tous les dangers et après une expérience particulièrement malheureuse pour leur 10ème anniversaire (pourtant l'entrée était gratuite !) nos amis et confrères belges ProgRésistiens se sont lancés dans une nouvelle Convention, les 24 et 25 septembre dernier.

Allez, cherchons des explications : ils bénéficient avec le Spirit of 66 à Verviers d'une super salle, pas chère, avec une bonne sono, adaptée en termes de capacité aux manifestations qu'ils organisent et un Francis Géron aux manettes... Ils ont un petit pays dans lequel les autoroutes sont éclairées tout du long et elles sont gratuites. Il est donc facile d'y circuler... on pourrait s'inventer comme ça des excuses à l'infini, car enfin, vous y avez déjà été, vous, à Verviers ? Non ? Mais quel trou ! Loin de tout. Et moche, en plus (à part quelques rares endroits sympa) alors qu'à seulement vingt bornes de là on trouve Spa, superbe ville d'eau, et le célèbre circuit de Spa Francorchamps. Ajoutons que la campagne de cette région de la Belgique appelée les Hautes Fagnes est magnifique. Mais à Verviers au contraire, on trouve un seul hôtel à peine, même pas en centre ville et dans lequel ils sont à peu près aussi avenants que la mère Géron à l'entrée du Spirit lorsqu'elle vous toise d'un oeil torve, donnant l'impression qu'elle se demande si vous êtes vraiment digne de pénétrer dans SON établissement ou si elle va vous faire virer manu militari par le cerbère de service. C'est à croire que même les représentants de commerce évitent de séjourner dans ce bled tellement il est dépressogène. D'ailleurs quand on s'y promène on se demande bien de quoi peuvent vivre les autochtones.

Non, le Spirit c'est bien joli, mais ce n'est pas Bruxelles ni même Namur ou Liège : juste un bled paumé au milieu des Ardennes belges, aux confins de l'Allemagne. Il faut quand même vouloir y aller, même quand on habite en Belgique. C'est d'ailleurs pour permettre aux gens (et pas uniquement aux quelques rares français présents) de rentrer tranquillement chez eux sans trop de perturbations que cette année la fin des concerts était programmée pour 22h30 le dimanche. Et l'horaire aura été tenu jusqu'au bout. Chapeau les belges ! Ce n'est pas en France que ça arriverait. Chez nous, sur les tickets de spectacle on indique généralement une heure, en entretenant soigneusement l'ambiguïté : est-ce l'heure de début ou l'heure d'ouverture des portes ? Va savoir... Les anglais disent de nous que nous sommes les plus grands voleurs de temps au monde : même en prenant rendez-vous chez un médecin ou un dentiste par exemple, il est bien rare de ne pas avoir à attendre au moins une demi-heure. Mais avez-vous déjà réalisé que dans une salle de spectacles où se trouvent mille personnes (a priori ce n'est donc pas un concert de prog...) si le concert prend une demi-heure de retard ce sont 1000 fois une demi-heure, soit 500 heures perdues pour les individus présents. 500 heures... le temps de passer un diplôme de délégué pharmaceutique ou d'économie/gestion... 500 heures, soit à peu près 21 jours, c'est-à-dire 3 semaines. En gros le temps que vous passez en vacances chaque été. Quelle profond manque de respect de la part des organisateurs de concerts en France que de systématiquement commencer une demi-heure en retard, non ? Vous ne trouvez pas ? A la convention ProgRésiste rien de tout cela, l'heure c'est l'heure.

Alors quoi ? Même s'il est vrai que le Spirit of 66 est en passe de devenir le nouveau Marquee, c'est-à-dire un passage obligé pour tous les artistes, cela n'explique pas tout. Qu'est-ce qui fait que leur Convention a lieu contre vents et marrées alors qu'en France en dehors de Gérard Drouot, qui arrive péniblement à réunir quelques centaines de privilégiés (vu le prix des places, je crois que le qualificatif de privilégié n'est pas usurpé) au Casino de Paris pour écouter Jon Anderson on ne trouve que quelques rares initiatives ici ou là. S'il faut saluer haut et fort ces initiatives, force est tout de même de constater qu'elles ne sont pas toujours couronnées de succès, loin s'en faut. Et bien en Belgique non plus : ils sont logés à la même enseigne. Mais ils ont la foi. Mes amis Piero Romainville, Gilles "Dr Prog" Arend, Alain Quaniers, Fred Delmotte, Denis Petit, Jean-Marc Roussel et tous les autres que j'oublie (qu'ils veuillent bien m'excuser), ils y croient. Et comme ils y croient ils ont envie de le faire, se donnent les moyens d'y arriver et s'organisent pour que ça marche ! Je crois que le secret est tout simplement là. Pendant ce temps, en France, on se dit "marchera pas", "viendront pas", "y'aura des grèves", "trop cher", pas assez connus" etc. et on entre la fleur au fusil dans la spirale de l'échec.

L'affiche

Samedi 24 septembre 2005

15h00 Madelgaire (Belgique) 60 min 17h00 Ex-Vagus (France) 60 min 19h00 Quidam (Pologne) 90 min 21h30 Focus (Pays-Bas) 90 min

Dimanche 25 septembre 2005

15h00 Knight Area (Pays-Bas) 90 min 17h30 La Maschera di Cera (Italie) 90 min 20h00 Riverside (Pologne) 90 min

Sur le fond

Ben oui, au fait, y'avait quoi à cette convention ProgRésiste à laquelle vous n'avez pas assisté ? Ne vous cachez pas derrière votre Koid9 tout neuf, je sais bien que vous n'y étiez pas, puisque j'y étais, avec Madame : en dehors de Luc "c'est génial", de l'incontournable George (sans "s" puisque c'est d'origine espagnole) de Shop 33 (ou faut-il dire Shop 24 maintenant qu'il est installé en Dordogne ?) et de sa médecin de nana, flanqués de leur fidèle ami Thierry, venus vendre des CD, il n'y avait aucun français lecteur de Koid9. Il y avait en revanche encore deux cheminots venus du côté de Laroche-Migennes (jolie gare de triage) qui ne connaissaient pas Koid9 (on se demande bien comment c'est possible. A Laroche-Migennes. Incroyable !) mais j'espère bien les avoir convertis.. salut à vous si vous me lisez. Et si vous ne me lisez pas c'est que vous ne vous êtes pas abonnés. Dans ces conditions, que le Tout Puissant vous maudisse et vous fasse croupir en enfer jusqu'à la 17ème génération. Il y avait aussi un metzin l'ai hagard et affublé d'un splendide T-shirt Magma. C'était facile de l'aborder... au moins j'avais un sujet de conversation tout trouvé !

Ce sont les belges de Madelgaire qui ont ouvert les hostilités, à 15 heure précises le samedi. Venus de Soignies dans le Hainaut, ce groupe sert un néo-progressif chanté en français assez original, servi par l'adjonction d'un violon et par un bassiste jouant assis (pourquoi pas ?) . Au delà de ses mélodies sympathiques et accrocheuses et de son symphonisme, leur musique est suffisamment originale pour être plaisante. Une bonne surprise. Ca commence bien, attendons la suite.

La suite, c'était nos compatriotes d'Ex-Vagus. Ah, oui, il y avait eux aussi, pour représenter l'hexagone. Et ils en ont fait du chemin, depuis Grenoble "la lointaine". Il faut dire qu'ils étaient aussi motivés que ravis de venir. "Tu te rends compte, on va fouler les planches du mythique Spirit" m'a expliqué Dominique Barboyon, le claviériste. "Quand on joue dans une salle aussi réputée que celle-là il faut non seulement assurer comme d'habitude mais on n'a droit à aucune erreur, on n'a pas le droit de décevoir car il faut faire honneur à tous les artistes qui y ont défilé de par le passé." Je te rassure, Dominique (dont je sais qu'il me lit...) tu as été à la hauteur de cette salle mythique, de cette excellente convention et de vos illustres inspirateurs angéliques. De mon côté, pour des tas de raisons dont notamment justement sa proximité de Ange, j'avoue que j'étais curieux de voir ce groupe en Live. Et bien Ex-Vagus sur scène, c'est encore plus angélique que Ex-Vagus sur disque. J'avoue que j'ai eu un peu de mal avec la voix du chanteur, Eric Vedovati, mais c'est purement personnel : c'est son timbre qui me pose problème. Et puis je trouve qu'il la force un peu trop. Pour le reste, la prestation d'Ex-Vagus a été originale et superbe, y compris les animations scéniques du même Eric Vedovati, avec son épée de bois et sa passoire en plastique sur la tête, qui faisaient un peu penser au groupe Galahad, qui était passé sur la même scène deux ans auparavant. Sa musique est également très mélodique et lyrique tout en restant puissante. A l'instar de Ange, elle raconte souvent des histoires. Raffraichissant et sympathique. Le public belge a aimé.

Le "nouveau" Quidam qui a enchaîné derrière m'intriguait au moins autant qu'Ex-Vagus, surtout après avoir écouté leur nouveau disque, "SuREvival". Et bien je n'ai pas été déçu, bien au contraire. Et le public non plus. Sans Emila Derkowska, le groupe s'est en même temps débarrassé des aspects mièvres limite gnan-gnan du Quidam du début, qui faisaient dire à certains qu'il s'agissait de pop un peu gentillette (pour info, Emila chante aujourd'hui dans un choeur d'église à Varsovie, vit avec le Maître de Choeurs et attend un enfant de lui... pour le prix du Koid9 voilà que vous avez aussi Gala! Quelle chance ils ont, nos lecteurs... Au fait : nous ne manquerons pas de vous informer de la bonne fin de la gestation et du sexe de l'heureux héritier dès que nous serons au courant...). Le nouveau chanteur, Bartek Kossowicz, est tout simplement aussi excellent qu'il est jeune. La section rythmique (Mariusz Ziókowski à la basse et Maciek Wróblewski à la batterie) est elle aussi toute nouvelle. De l'ancien Quidam il ne reste en fait plus que Zbyszek Florek aux claviers, Maciek Meller aux guitares et Jacek Zasada aux flûtes. Ce sont Zbyszek Florek et Maciek Meller qui mènent la barque. Florek est aussi discret qu'il est bon claviériste, mais le gaillard sait ce qu'il veut : un progressif beaucoup plus rock et plus incisif qu'auparavant. S'ils ont joué surtout leur dernier album, ils étaient bien moralement obligés de reprendre quelques vieux titres, comme "sanktuarium", sur lesquels Bartek Kossowicz s'est révélé également excellent. Bien sûr, le registre est différent de celui d'Emila, mais globalement le public ne perd pas au change (l'esthétique visuelle mise à part bien sûr, surtout quand on est un mec...). Quant à l'incontournable cover, traditionnel dans un set de Quidam, ce fut "no quarter", de Led Zeppelin. Superbe set. Le public est en transe.

Seule une légende du rock pouvait succéder à une telle prestation sans risquer de se faire voler la vedette. Ce furent les bataves de Focus (est-il encore besoin de les présenter ?), menés de mains de maître par un Thijs Van Leer toujours aussi obèse, toujours affublé de ses bretelles et de ses chaussures rouges... une légende... puisqu'on vous le dit. En terre francophone, Thijs a redoublé d'efforts pour s'exprimer dans la langue de Descartes, cherchant ses mots lorsqu'il a par exemple expliqué l'origine du morceau "la cathédrale de Strasbourg". Amusa nt... Mais lorsqu'il s'agit de jouer de la flûte traversière de la main gauche tout en jouant de son inséparable orgue Hammond de la main droite, Thijs est loin d'être manchot. Car Thijs n'est pas venu tout seul de sa Batavie natale : il a apporté son Hammond, son Leslie et ses musiciens, dont l'excellentissime Jan Dumée à la guitare. On a l'impression que le groupe est encore meilleur que lors de son passage au festival Crescendo en 2003. Pour présenter le groupe, Alain Quaniers a évoqué l'un de ses amis qui considérait Focus comme "meilleur que Pink Floyd"... Difficile pour ne pas dire impossible de détrôner le grand Floyd dans mon coeur et sur l'échelle de mes préférences personnelles, que la bande à Waters domine de la tête et des épaules, mais je rejoins Piero lorsqu'il affirme qu'il FAUT absolument avoir vu Focus sur scène.

Allez, un suppo et au lit...

Dimanche

Encore des bataves pour démarrer cette seconde journée. Mais là ce fut avec le néo batave pur jus distillé par Knight Area, dont le bassiste et l'un des deux guitaristes sont des ex-Cliffhanger. Eh oui, chez Knight Area il y a deux guitaristes et deux claviéristes. Faut que ça dépote! J'avoue que, pour n'avoir pas beaucoup apprécié sa prestation lors du festival de Sarlat, je n'attendais pas grand chose de l'apparition scénique de cette formation. Knight Area propose un néo-prog symphonique typiquement hollandais, dans la plus pure lignée de ce que nous servent les dizaines de groupes issus de cet autre pays du fromage. Assez proche de celui de Cliffhanger, finalement, il a la faculté de moins me séduire. Serais-je blasé ? Mais enfin, loin d'être désagréable, je me suis même surpris à trouver ce set plaisant, par moments. Ils ont cependant joué longtemps, trop longtemps à mon goût... un signe qui ne trompe pas : il marque le manque d'originalité de cette musique.

J'attendais en revanche beaucoup plus de La Maschera di Cera, l'un des nombreux projets de Fabio Zuffanti, dont la musique est à rapprocher du rock progressif à l'italienne le plus classique. Particularité de cette formation : l'absence de guitare. J'avoue que ça manque, par moments, mais ce n'est pas trop flagrant. Et comme pour corser un peu l'exercice, Agostino Macor, leur claviériste, se mariait le weekend en question. Difficile dans ces conditions de lui demander d'abandonner sa dulcinée, de quitter la botte transalpine pour les Ardennes belges. Au contraire des français de Drama au festival Crescendo en août, La Maschera di Cera n'est pas venue avec une bande enregistrée, ce qui a pour effet de figer le set dans un moule, mais s'est trouvé un claviériste de remplacement en la personne d'Alessandro Corvaglia, le chanteur. La formation se réduisait donc à quatre musiciens, avec Marco Cavani derrière les fûts, Andrea Monetti aux flûtes et bien sûr Fabio Zuffanti à la basse. Et il faut bien dire qu'il s'en est très bien sorti, ce grand échalas d'Alessandro Corvaglia, avec ses claviers. Même s'il n'a peut être pas fait passer autant d'émotion qu'aurait pu le faire Agostino Macor, c'était toujours largement mieux que de s'enfermer dans l'utilisation d'une bande. Le public est sous le charme, le public adore, le public en redemande. Là encore, le groupe qui suivra devra assurer !

Et c'est aux jeunes polonais de Riverside que revient cette lourde tâche. Le chanteur du groupe portait à Verviers le même T-shirt Dead Can Dance qu'à Sarlat... étonnant, d'afficher à ce point son amour pour une formation musicale autant aux antipodes de ce que fait la sienne... lorsque je le lui ai fait remarquer, il m'a expliqué que c'était la deuxième fois seulement qu'il mettait ce T-shirt, mais qu'à chaque fois j'étais présent... c'est sans doute pour ça que je me demande s'il en possède vraiment d'autres ou s'il n'en a qu'un, comme au bon vieux temps de la chape de plomb stalinienne. En tout cas, le batteur du groupe n'a pas ce problème : il monte sur scène avec seulement un short, mais tout le monde pense qu'il est habillé ras-du-cou tellement il est couvert de tatouages. Démarrage en trombe. Metal. Et fort. Très fort. Limite trop fort. Mais au bout de quelques morceaux on revient à des choses plus calmes, tirées plus du premier disque que du second. Même cette version de "radioactive toy" de Porcupine Tree, qu'ils avaient pourtant déjà jouée à Sarlat, me paraît rapide, trop rapide dans ce cas particulier. Mais dans l'ensemble la prestation est excellente, le groupe se donnant vraiment sur scène. Même si la rupture avec le prog italien romantique du set précédent est un peu dure à digérer au début, Riverside a assuré à mort, ce soir là. Gageons que nous les reverrons très bientôt, surtout après la sortie de leur second album (chez InsideOut. Excusez du peu...).

Et nous voilà arrivés au terme de ce weekend conventionnellement musical et là il m'arrive une chose inédite en ce qui me concerne. Alors qu'en général dans un festival il y a au moins une prestation que je n'apprécie pas, mais quand je dis "pas" c'est "pas du tout", là j'ai TOUT aimé. A des degrés divers, certes, avec plus ou moins d'affinité pour telle ou telle formation, telle ou telle musique, mais aucun des groupes ayant joué ce weekend ne m'a fait sortir en courant pour courir la Gueuze (Lambic) au bistrot le plus proche. Elle n'est pas belle, la vie ? Bon, c'est pas tout ça, mais faut encore se rapatrier sur Paname... Verviers c'est bien joli, mais c'est la grande, grande, GRANDE banlieue tout de même. Enfin, pourvu que les braves belges (braves au sens "Jules César" du terme) nous concoctent la même chose l'an prochain... en mieux encore si c'est possible.

Benoît Herr

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IO Pages (magazine néerlandais)

Dit weekend werd de Spirit in het Waalse Verviers voor de vijfde keer ingenomen door de mensen van het kwartaalblad Progrésiste. In samenwerking met big boss Francis Geron hadden ze gespreid over twee dagen zeven bands uitgenodigd die een mooie staalkaart afleverden van wat er zich vandaag de dag op de progmarkt aandient. Vreemd genoeg zag ik ook dit jaar weer een quasi totaal ander publiek op zondag dan op zaterdag.

Het leuke aan de conventie is dat alles stipt op tijd begint en dat elke artiest zich perfect aan de toegemeten tijd houdt.

Het Belgische Madelgaire mocht op zaterdag het spits afbijten. De muziek heeft enorm aan maturiteit gewonnen sinds de demo van een jaar of twee terug. Hun folky, af en toe Middeleeuwse, muziek steekt goed in elkaar, terwijl de viool een aangename aanwinst is.

Het Franse Ex-Vagus staat heel sterk wanneer het om het theatrale aspect gaat. Hun zanger beschikt over een stem als een klok, die je perfect in een opera kunt situeren. Bovendien beschikt hij over een enorm charisma en weet hij als geen ander een typetje neer te zetten.

Lang geleden dat we het Poolse Quidam hadden gezien, maar dankzij het aantrekken van een nieuwe zanger, nieuwe drummer en dito bassist, is tevens de stijl van Quidam iets gewijzigd ten opzichte van de vroegere knipoog naar Camel. Zanger Bartek zingt met emotie, de sound van de groep is harder dan voordien, waardoor de mix van loodzware bas en atmosferische toetsen de groep richting Liquid Scarlet, Paatos, Blackfield doet zweven. De dwarsfluit klinkt nog steeds even hemels, terwijl er slide-gitaar uit de beste Porcupine Tree discografie wordt bij gehaald. Ook met mannelijke vocals klinkt Sanktuarium uit het Quidam debuut nog steeds fantastisch. Terwijl het timbre van Bartek vaak aansluit bij dat van Gary Chandler waagt de groep zich aan de Zeppelin cover No Quarter. Voor hun meer dan verdiende toegift kiezen de Polen voor een heavy progressieve versie van het gekende Hush waarin ze ook wat eigen werk vermengen.

Als afsluiter op zaterdag en als kers op de taart maakt Focus haar opwachting. Drummer Pierre van der Linden levert een schitterende bijdrage op een drumkit die niet eens de zijne was. Gitarist Jan Dumee pakt alles veel vlotter en geroutineerder aan, terwijl Bobby Jacobs funky en jazzy ‘van leer’ trekt! De aanwezigen krijgen zelfs een heuse wereldprimeur opgediend als het nummer ‘A ja joepie joepie yé’ door de speakers klonk, boordevol gekke vocale uithalen en tegen fusion aanleunende capriolen. House Of The King, Sylvia, Hocus Pocus, Eruption (aangekondigd als ‘a collage of styles’), La Cathedrale De Strasbourg, ze blijven allemaal overeind staan.

Na een nachtje lekker pitten in La Poutre Rouge is het opnieuw klokslag 15 uur wanneer Knight Area het podium betreedt. Met nog de hete adem van NEARfest in de nek is het podium eerder krap voor dit zevental dat zich bijzonder knap manifesteert. Meteen noteren we een sterke podiumvastheid en uitstraling naast de perfecte balans tussen neo-prog en symfonische zijsprongen. Vooral qua toetsen worden sterke referenties richting Genesis genoteerd. Ruim een kwartier voor tijd houdt Knight Area het middels het bisnummmer Mortal Brow voor bekeken.

Het Italiaanse La Maschera Di Cera klimt voor de gelegenheid als kwartet op het podium inplaats van een vijftal. Omdat de toetsenist van dienst op huwelijksreis was, heeft zanger Alessandro Corvaglia zich naast de zang ook de toetsen toegemeten. Het concert wordt opgedragen aan John Bonham, vandaag precies 25 jaar geleden overleden. Vooral de basgitaar van Fabio Zuffanti ronkt moordend, terwijl het theatrale van de Italiaanse dramatiek ruim uitgesmeerd is.

De vijfde conventie besluit met een heus orgelpunt wanneer het Poolse Riverside het beste van zichzelf komt geven. Zanger Mariusz Duda is als een kruising tussen Steve Wilson en Daniël Gildenlöw, toevallig de twee boegbeelden van groepen die qua sfeer sterk in de muziek van Riverside te vinden zijn. Niet alleen krijgen we enkele nieuwe nummers te horen, maar ook PT’s Radioactive Toy moet eraan geloven. Samen met het obligate dankwoord van

Francis Geron en het daaropvolgende nummer van Pierre Rapsat mag deze Progrésiste als allerbeste de geschiedenis in gaan. Volgend jaar verschijnt er opnieuw een DVD van de conventie, waarop elke groep met één nummer vertegenwoordigd zal zijn. Ondertussen wordt het pakket met DVD’s uit 2003 én 2004 voor de luttele som van tien euro verkocht (is de prijs zonder hoesje en zonder doosje, excl. verzendkosten).

Progrésiste Convention: c’est la fête !

John ‘Bo Bo’ Bollenberg

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Spectateurs

JEAN-MI (région parisienne, membre actif de Music Waves

Ce samedi matin je passais par la porte de La Chapelle (Paris, périph. nord) pour récupérer Jérôme (ami venu d'un forum ami) qui devait nous accompagner (me and misses JM) à cette Convention belge dont on parle beaucoup, mais que peu de français n'ont encore vue.

Contingence matérielle oblige, je faisais le plein d'essence dans ce quartier septentrional de Paris quand un véhicule vint accoster à la pompe voisine en ne laissant guère le passage pour quitter la station. Je m'approchais du conducteur dudit véhicule affairé au remplissage de son réservoir et lui déclarait tout de go : "Ce n'est pas un chanteur de prog qui va se mettre en travers de mon chemin !!" car j'avais reconnu Rôdeur Renaud. Quelle coïncidence !!! (pour ceux qui n'auraient pas cette référence, Rôdeur Renaud est le chanteur de Lac Placide)

Ce passage anecdotique passé nous arrivons (je vous passe les détails intermédiaires) devant la façade étriquée de ce bar américain qui porte le nom de "The Spirit Of 66". Il est pas loin de 15h00 et nous n'avons qu'à peine le temps de faire la connaissance de Piero que le spectacle commence.

Madelgaire ouvre le festival avec un show d'une heure. Cette sympathique formation belge nous sert un prog empreint de folklore merveilleusement servi par des musiciens chaleureux, complices et talentueux. Le chant est principalement tenu par le batteur et le monsieur a une voix fantastique avec un registre qui monte bien dans les aigus permettant des effets vocaux féminins. L'ambiance prog-folk de Madelgaire m'a fait penser au Mostly Autumn d'une période pas si lointaine. On ne pourra guère reprocher à Madelgaire que de nous laisser sur notre faim car il n'ont pas encore de vrai CD à nous offrir.

Ex-vagus prolongera par une heure de spectacle la partie francophone de cette convention. Ex-vagus est un groupe de Grenoble qui a rodé pendant deux ans un spectacle récemment enregistré sur CD sous le titre de "Seconde Lumière" et qui ne m'avait pas convaincu (cf. ma chronique). Malgré un chanteur à la voix puissante qui essaie de faire vivre les personnages de cette oeuvre conceptuelle, je dois avouer que je n'ai pas embarqué pour ce voyage imaginaire, restant spectateur extérieur. Il manque à Ex-vagus la folie d'un Ange ou la variété des thèmes musicaux d'un Madelgaire pour rendre prenant son spectacle. Je ne parlerai pas de déception puisque je n'avais pas de grandes espérances. Juste un temps un peu plus faible dans la soirée.

Quidam assure une troisième partie de 1h30 alternant les titres de leur dernier opus en anglais (Surevival) et des titres plus anciens en polonais interprétés précédemment par une chanteuse qui a déserté le groupe depuis. Le prog des Polonais a évolué d'une influence néo à une influence plus métal, et c'est un show puissant qui nous est offert. Des musiciens d'excellent niveaux à qui on pourrait reprocher une légère froideur, nous servent 90 minutes de musique techniquement maîtrisée. Comme pour bien affirmer que la formation n'est pas enfermée dans le carcan du progressif pur, nous avons le droit à quelques reprises clins d'œil dont une excellente de Led Zeppelin (No Quarter). Le bilan de la prestation est plus que positif.

La fin de cette première soirée était confiée à Focus, ce groupe hollandais mythique qui ne survit que dans les mémoires de quelques vieux rockmaniaques. C'est à 1h30 de grand show que monsieur Thijs Van Leer nous invite à la tête de son quartet. Jan Dumée à la guitare est le deuxième monstre sacré de la bande est c'est avec une complicité évidente qu'il répond à Thijs qui alterne ou cumule les interventions au chant (c'est pas toujours réellement du chant !!), à la flûte traversière (quel brio !!) et au Hammond (géant !!). Quand après plus d'une heure de show de folie communicative, le groupe nous assène un Hocus Pocus d'anthologie, on pouvait croire que la soirée se finissait dans le grandiose, c'était sans compter avec le bonheur de jouer de ces fous de scènes qui revinrent sans trop se faire prier nous en recoller deux petites dans les étiquettes.

C'est la tête dans les étoiles et les oreilles bourdonnantes que nous quittions le Spirit en nous demandant comment le lendemain pourrait nous procurer autant de bonheur, deux jours de suite, c'est pas possible ....

Après avoir traîner la matinée dans les rues de Verviers, la conversation revenant sans cesse sur les prestations de la veille, c'est avec une certaine avidité que nos pas nous ramenèrent vers le Spirit quelques minutes avant la reprise de cette deuxième journée.

A 15h00 entrée en scène de Knight Area, groupe hollandais de pur néo-prog que je brûlais d'envie de voir sur scène depuis l'écoute de leur unique album (le deuxième arrive !). La présence sur la scène de pas moins de 7 personnes m'a fait craindre un moment une prestation fouillis ou tout se noie dans une bouillie qui n'a plus rien de musicale. Mais dès les premières passes d'armes, force est de constater que les musiciens maîtrise l'art de se compléter de se répondre, de s'épauler, sans jamais se bousculer. La grande complicité de ces excellents musiciens s'affiche en permanence et les deux guitaristes vont jusqu'à se permettre un magique solo en duo. Une heure de pur bonheur néo-progressif symphonique dont la seule faiblesse (mais il faut chercher !!) serait un chant plus FM que prog.

Comme s'il était nécessaire de nous servir encore quelques moments de bonheur intense, Maschera di Cera monte sur scène pour 90 minutes de show à l'italienne dans des conditions particulières : le claviériste ayant préféré son voyage de noces à la Convention, le groupe est diminué (!!!). C'est donc un chanteur qui regrette d'être coincé au milieu des claviers qui lance le spectacle nous priant d'être indulgent sur ses performances de 'keyboardiste'. Quand on voit pour la première fois sur scène ces bêtes de spectacle qui composent Maschera di Cera, on se prend une claque gigantesque. Les italiens ne jouent pas leur musique, il ne vous l'offre pas, ils vivent leur show avec une puissance qui vous propulse l'œuvre en pleine tête pas moyen de l'éviter. Et si le chanteur n'est pas excellent aux claviers (je le laisse responsable de son affirmation à prendre au deuxième degré), tant mieux ! Un show plus grandiose aurait fait des victimes (on peut mourir de plaisir, parait-il !).

Comment finir une soirée aussi riche et un week-end aussi chargé de réussite musicale ? Nos amis belges avaient choisi une option que se révéla excellente : l'arrêt du combat par KO. Un bon coup de métal-prog avec les très prometteurs Polonais de Riverside fut donc notre ultime "punition". Le quatuor dégage une puissance énorme sur scène et pendant 90 minutes ils nous ont achevés à coup de riffs assassins, de soli de guitare monstrueux. Riverside arrive à aller encore plus loin que Porcupine dans la montée en puissance grâce un chanteur (également bassiste) qui passe du chuchotement intimiste aux hurlements quasi death avec une facilité déconcertante. Les quelques titres tirés du prochain album (à paraître fin octobre début novembre) laissent augurer un montée en puissance de la musique de Riverside.

C'est donc la tête définitivement détruite par overdose de bonheur musical qui nous avons avec regrets (et c'est peu de le dire !!) quitté ce lieu magique.

Je suis venu, j'ai vu et je suis vaincu !!

Merci, amis de ProgRésiste, et à l'année prochaine !!

Jean-Mi.

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PIERRE NANSON (abonné, et grand habitué du Spirit of 66 ... et d'ailleurs !)

Excellente convention cette année. L'affiche était vraiment attirante.

A chaud, voici quelques impressions brutes en espérant que d'autres suivront.

1e jour: 24 septembre

Madelgaire: Ils ont visiblement mis du soin pour leur prestation. un rock soigné. Ils se sont bien préparés pour ce concert et ont subtilement réparti leur musique bien construite en la mêlant de petits effets de scène avec l'épée. Deux chanteurs, dont l'un à la batterie ayant un registre assez haut. Signalons que c'est le seul groupe avec violon de la Convention. c'est peut-être idiot, mais j'avais envie de le dire

Ex-Vagus: Ces grenoblois font partie de la galaxie Ange et ça s'entend. De sa voix faisant penser à celle d'Obispo (ou un truc dans le genre), le chanteur se lance dans de longs récitatifs. Personnellement, je trouve qu'il prennent un peu trop le devant par rapport au reste de la musqiue. Précison qu'il qu'ils ont aussi des effets de scènes rigolos prendant les instrumentaux.

Quidam: Le groupe polonais a changé de chanteur: il s'est entièrement masculinisé. et cela s'entend. Il tourne vers un côté bc plus plus rock et cela s'entend. Excellente prestation, Un petit détail, on reconnaît facilement les morceaux de l'ancienne chanteuse (Emila). Pour ceux qui ojnt déjà bu le groupe, elle ont un côté nettement plus féminin, ou pop qui contraste avec le nouveau son de groupe.

Focus: C'est le groupe de légende de la Convention. remontant jusqu'aux 70. Leur formation est maintenant stabilisée et ils ont tjs autant d'aisance, de plaisir et de dextérité à jouer. Le guitariste jan Dumée qui me paraissent fort au premier concert qu j'ai vu est mainteant fort détendu. Thijs Van leer était en forme olympique. Et quond on voit Thijs van Leer de profil, on sait ce que veut dire être en forme. Ils a mis à fond tous ses intruments à contribution: son beau vieil Hammond patiné par les applaudissements, sa flûte dont il joue de temps à autre d'une seule main, et enfin sa bouche qu'il triture dans tous les sens pour en sortir les sons pls plus extravagants: rythmes qu'il reprend à la flûte, yoddle, etc.. Commencé sur un ton calme, un peu blues, ils ont terminé leur cocnert en apothéose par leur morceaux traditionnel délirant: Hocus-Pocus. Sublime fin! Dernière parole à Thijs "Avec vous on se sent vraiment exceptionnel"

2e jour: 25 septembre

Knight Area: Pour ce deuxième jour on reste avec avec un groupe néerlandais. Leur style m'a fait vraiment penser à Ayreon, autre groupe néerlandais. Leur concert fut excellent. Ils ont fait un reprise de Led Zep, comme la fois dernière. Une petite question: avaient-ils vraiment besoins de onze claviers? ;-))

La Maschera di Cera Cette fois-ci, une particularité apparaissait dans ce groupe lytique, un de mes préférés, je dois l'avouer. On pouvait croiser les membres du groupe tout au long de la Convention, mais pas de trace du claviériste, Agostino Macor. Il est plus discret que les autres, mais la raison de son absence fut révélée au public angoissé au début de leur concert. Le pauvre était en voyage de noces et il ne pouvait donc pas participer aux réjouissances progressives. Je précise, pauvre, non pas parce qu'il s'est marié, mais plutôt parce qu'il n'aura pas connu l'événement progrésistien et son ambiance. Félicitations donc à l'heureux homme, qu'on reverra transformé, j'en suis certain!. Il a laissé la charge essentielle des claviers au chanteur Alessandro qui s'en tiré avec un brio remarquable, même s'il s'agissait là d'un simple remplacement. Leur style est très particulier. ils jouent sans guitare électrique, la basse étant souvent jouée comme une guitare. les clavier et le chant occupent une place importante. masi la flûte acidifie un peu tout l'ensemble comme un goutte de citron dans la salade. même si peut agacer certains, je la trouve indispensable. Ils ont rendu hommage à John Bonham dont c'était hier le 25e anniversaire de la mort et qui visiblement inspire Maurizio di Tollo, le batteur du Masque de Cire.

Riverside La fin du festival fut confiée à ce groupe polonais qui avait déjà allumé le Spirit récemment. Ce groupe était également présent le samedi et très disponible tout au long du festival. Leur musique semble être plus "metal" et encore une fois, ils ont allumé le Spirit avec leur rythmique d'enfer. .

Pour ses à-côtés, la boutique de Georges de chez Shop 33 et les quelques tables des différents groupes et de la revue ont traditionnellement fait crier qq portefeuilles. L'horaire des concerts était minuté et c'est très bien, malgré que la file à la friterie de la place nous a fait louper les qq 1e minutes de certains concerts. Du côté du public, on a tjs des craintes. la salles n'était pas sold-out, mais pour mon impression, j'ai déjà vu des fins de Conventions bc plus clairsemées qu'hier. Le dernier concert a pris fin vers 22h, ce qui est vraiment très tôt pour le Spirit et très bien pour ceux qui ont une longue route à faire.

Merci à toute l'équipe de Progresiste et à l'organisation du Spirit

Espérons que la Convention persiste l'an prochain.

Bref, vraiment une excellente Convention

Pierre NANSON

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